Alain Saulnier

Professeur invité, Département de communication, Université de Montréal

Professeur invité depuis 2013 au département de communication de l’Université de Montréal, Alain Saulnier a exercé plusieurs fonctions centrales en journalisme au Québec, surtout à Radio-Canada, où il fut journaliste, réalisateur, puis directeur général de l’Information pour la radio dès 1999, et pour l’ensemble des services français (radio et télévision) de 2006 à 2012.  De cette expérience, il en a tiré un livre Ici était Radio-Canada, publié en 2014 chez Boréal et traduit en anglais Losing our voice, Radio-Canada under siège chez Dundurn Press en 2015. En 2015, il participait également à deux missions de formation en journalisme à Haïti. L’une de ses grandes contributions est d’avoir développé et promu le journalisme d’enquête à Radio-Canada. Ainsi c’est sous sa direction que l’émission Enquête y a été créée. Il a aussi été président de la Commission Information de la Communauté des télévisions francophones publiques (Radio-Canada, France Télévisions, RTS, RTBF).  Parmi ses publications récentes : « Le journalisme à l’ère post-factuelle » publié [en ligne] par Options politiques en janvier 2017, « Le journalisme d’enquête à l’ère numérique » (dans Les journalistes, Éditions Québec Amérique, octobre 2015) et « Le défi du journalisme dans l’univers des médias québécois », Éthique publique [en ligne], vol. 15, n° 1, 2013.

 

Pauvres « Nous » : genèse d’une crise programmée

Avant et pendant la commission dite Bouchard-Taylor, j’ai été témoin à titre de directeur général de l’information à Radio-Canada, de la construction du ‘nous’ cohésif et non inclusif ayant enflammé l’opinion public.  Ce ‘nous’ a notamment fait la manchette le 15 janvier 2007 lorsqu’un sondage Léger Marketing diffusa ses résultats indiquant que « 59% des Québécois se disaient fortement, moyennement ou faiblement racistes ».  Le bulletin de nouvelles TVA  titra alors « Six québécois sur dix admettent être racistes » Il n’en fallait pas plus pour provoquer un dérapage dans le discours politique et l’univers des médias. Cette présentation fait donc la genèse d’une crise programmée. Hérouxville occupa ensuite toute la place, notamment  à l’influente émission « Tout le monde en parle ». La table était mise pour que les médias trébuchent sur un débat pour lequel ils n’étaient pas assez outillés. Plus tard, la Commission Bouchard-Taylor tentera en quelque sorte de ‘recoller les morceaux’.

Ce contenu a été mis à jour le 26 juin 2017 à 15 h 25 min.