Maryse Potvin

Professeure titulaire en sociologie de l'éducation, Université du Québec à Montréal / Responsable de l'Observatoire sur la formation à la diversité et l'équité / Chercheure au CEETUM et au CRIFPE

Maryse Potvin est politologue et sociologue de formation, professeure titulaire en sociologie de l’éducation à l’Université du Québec à Montréal, responsable de l’Observatoire sur la formation à la diversité et l’équité et chercheure au Centre d’études ethniques des universités montréalaises (CEETUM) et au CRIFPE. Elle a aussi été conseillère en élaboration de politiques au Ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles, et chroniqueuse à La Presse et au Journal de Montréal. Ses travaux portent depuis plus de 20 ans sur le racisme et les discriminations, les médias et les discours sociaux, l’identité des jeunes des minorités, l’éducation et la formation antiraciste, inclusive et aux droits humains. Ils ont donné lieu à plusieurs publications et rapports d’expert, entre autres pour la Commission européenne (2004), la Commission Bouchard-Taylor (2008), UNICEF-Canada (2013) et différents ministères. On compte parmi ses ouvrages : La diversité ethnoculturelle, religieuse et linguistique en éducation. Théorie et pratique (Potvin, Magnan, Larochelle-Audet, Fidès 2016), Le développement d’institutions inclusives en contexte de diversité (McAndrew, Potvin, et Borri-Anadon, Presses de l’Université du Québec, 2013), Crise des accommodements raisonnables. Une fiction médiatique ? (Potvin, Athéna, 2008) et La 2e génération issue de l’immigration. Une comparaison France-Québec (Potvin, Eid et Venel, Athéna, 2007).

 

Titre Médias, discours d’opinion et montée du racisme au Québec : de la crise des accommodements à aujourd’hui…

Cette communication revient sur les grands constats du rapport d’expert effectué pour la Commission Bouchard-Taylor sur les médias et les discours d’opinion durant la « crise des accommodements raisonnables » (Potvin et al, 2008), afin de questionner les impacts de cette crise sur la cohésion sociale et la dynamique politique au Québec jusqu’à aujourd’hui. Elle rappelle d’abord comment ce débat s’est transformé en état de «panique morale » et en crise nationale sous l’impulsion des médias traditionnels, à coup d’Agenda Setting, de Framing, de Priming et de concurrence commerciale. Elle montre ensuite comment cette crise a élargie « l’espace du racisme », par une multiplication, une banalisation et un durcissement des discours racistes et populistes « décomplexés » dans l’espace public, qui se sont répandus par la suite dans les médias sociaux, et qui ont été instrumentalisés et légitimés par des partis politiques à des fins électoralistes, notamment lors du débat sur la « Charte des valeurs québécoises ». Enfin, la conclusion soulève quelques grands enjeux sociaux et politiques liés aux effets à moyen et long termes de ces processus, notamment 1) le rôle des déterminants internationaux et nationaux dans l’activation de logiques identitaires spécifiques au contexte québécois, 2) l’avenir du jeu politique et la transformation du néonationalisme québécois, contaminés par la montée du racisme, du populisme et de l‘extrême-droite, et 3) le traitement politique de ces enjeux dans une perspective de vivre-ensemble (Potvin, 2017).

Ce contenu a été mis à jour le 5 septembre 2017 à 12 h 46 min.